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AMBER : Recherche internationale sur l'étendue des impacts environnementaux causés par plus d'un million de barrages dans les rivières européennes

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le 17 décembre 2020

Le 17 décembre prochain, la revue Nature publiera une recherche internationale sur l'étendue des impacts environnementaux causés par plus d'un million de barrages dans les rivières européennes. Le Pr Karl Matthias Wantzen, titulaire de la chaire UNESCO pour Fleuves et Patrimoine à l'université de Tours, et membre des UMR CITERES (Tours) et LIVE (Strasbourg), y coordonne un consortium international d'experts sur l’arasement des barrages.

Le projet Européen AMBER a pour objectif une utilisation plus durable des ressources en eau ainsi qu’une restauration plus efficace de la connectivité des cours d'eau, grâce à une exploitation des barrages et barrières plus adaptée. Financé par le programme H2020, le projet a permis de développer des outils et simulations à destination des compagnies des eaux et des gestionnaires des rivières.

Depuis quatre ans, des scientifiques de l'université de Swansea pilotent l’étude AMBER, qui propose une cartographie des obstacles fluviaux en Europe, document de base pour la première évaluation paneuropéenne de la fragmentation des rivières. Grâce à la modélisation des obstacles et à des vérifications approfondies sur le terrain, l'étude a estimé le nombre d’obstacle par km de cours d'eau et produit le premier inventaire complet des obstacles : l'Atlas des obstacles AMBER. Au total, les rivières européennes ne présentent pas moins de 1,2 million d’obstacles à l'accessibilité (grands barrages, déversoirs, ponceaux, gués, écluses et rampes).
Les résultats publiés dans Nature dévoilent ainsi que l'Europe possède les rivières les plus fragmentées du monde et que les petites barrières en sont les principales causes. Afin d’y pallier, les chercheurs suggèrent de supprimer les obstacles obsolètes ou hors d'usage, d’éviter la construction de nouveaux barrages, et de mieux gérer ceux existants.

"La construction de l'Atlas des barrières a mis en évidence les lacunes qui existent encore dans la collaboration européenne pour la transition écologique. Nous avons besoin de bases de données transfrontalières pour une restauration systématique et stratégiquement planifiée des fleuves, rivières et de leurs plaines inondables, plutôt que de mesures limitées au niveau local. Alors que dans le Nord nous envisageons de supprimer les barrages pour permettre de nouveau la migration des poissons et le transport des sédiments dans nos rivières, la plus grande tendance à construire de nouveaux barrages se trouve dans les points chauds de la biodiversité dans les pays en développement.", déclare le professeur Karl Matthias Wantzen, titulaire de la chaire UNESCO pour Fleuves et Patrimoine, qui coordonne un consortium international d'experts sur l’arasement des barrages financé par le Loire Valley Institute of Advanced Studies (Le Studium)

Les résultats d'AMBER ont déjà atteint les décideurs politiques et alimenté directement la stratégie de biodiversité pour 2030.

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE Karl M. Wantzen et al. (2020): "More than one million barriers fragment Europe’s rivers",
Nature https://doi.org/10.1038/s41586-020-3005-2