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De la recherche à la production : un anticancéreux aux accents tourangeaux ?

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le 2 septembre 2022

Les traitements contre le cancer ne sont pas épargnés par la pénurie : ces dernières années, une quarantaine d’entre eux ont ainsi fait l’objet de ruptures d’approvisionnement. En travaillant sur la bioproduction de molécules de vinblastine - ingrédient pharmaceutique actif d'origine végétale - le projet H2020 MIAMI entend sécuriser les voies de production de ces produits thérapeutiques. La revue internationale Nature publie aujourd’hui un article au sujet de ces récentes découvertes.

La vinblastine est un médicament utilisé en chimiothérapie qui permet de ralentir ou arrêter la croissance des cellules. Elle est produite à partir de la pervenche de Madagascar, plante tropicale originaire de l’Océan Indien utilisée depuis des millénaires pour traiter des maladies. Aujourd’hui cultivée et extraite en Inde, elle est soumise à de faibles rendements d’extraction ainsi qu’à des procédés coûteux et peu respectueux de l'environnement. En mettant au point des levures capables de synthétiser la vinblastine, les chercheurs du projet MIAMI (Refactoring Monoterpenoid Indole Alkaloid Biosynthesis in Microbial Cell Factories) ont créé des cellules-usines capables de produire ce composant à la demande. La bioproduction de la vinblastine nécessite un important travail de caractérisation des gènes impliqués dans la biologie synthétique de la levure : il s’agit non seulement de standardiser des parties et groupes de gènes, mais aussi d’apporter plus d’une quarantaine de modifications génétiques à la levure afin de configurer la combinaison de gènes permettant les flux de synthèse.

Porté par l’Université technique du Danemark, le projet MIAMI regroupe six autres partenaires internationaux : l’université de Tours, l’université de Copenhague, l’Institut Max Planck ; mais aussi la FG-Tech, le groupe Axyntis et Explora Biotech. Il s’inscrit également dans la continuité de l’ARD2020 Biomédicaments, a bénéficié de financements du Studium et de l’expertise technique du Bio3 Institute. 
MIAMI est financé par l’Europe jusqu’en 2024. Durant l’année à venir, les chercheurs se consacreront principalement à l’augmentation du taux de synthèse de ces premièreslevures mais également à la construction de nouvelles souches pour la production d’autres molécules d’intérêt. 
D’une manière générale, ces nouvelles technologies ouvrent des voies de thérapies innovantes : à terme, les chercheurs espèrent fournir au moins trois produits chimiques principaux issus de métabolites secondaires végétaux et 15 analogues. Ils espèrent obtenir des débouchés économiques viables qui permettront notamment l’installation d’une chaine de production pharmaceutique en Touraine dans les années à venir. Cela permettrait ainsi de pallier aux ruptures de stock et d’approvisionnement ayant impacté les patients du monde entier à plusieurs reprises ces dernières années. 

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