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Journée d’étude intitulée « Dynamiques et enjeux éthico-épistémologiques du récit de vie : réfléchir en termes d’expérience »

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Date(s)

le 10 mars 2020

Tanneurs - 5ème BU
Il est désormais communément admis que la sociolinguistique s’est constituée, au-delà des multiples lectures avancées quant à son histoire et ses fondateurs (Pierozak, Robillard, Razafimandimbimanana, Debono, 2013), en réaction contre les projets structuraliste et générativiste, et cela dans une perspective résolument empirique à même de prendre en compte « ce qu’il y a de social dans la langue » (Calvet, 2016 : 4). L’intérêt porté aux dimensions sociales a conduit les chercheurs notamment en sociolinguistique, en didactique des langues, à sacraliser, sans trop en expliciter le bien-fondé, le terrain et ses corollaires que sont le contexte, et le corpus de telle manière que, dans les discours scientifiques, ces notions
« corrélées » voire « confondues » (Robillard et al., 2012 :30) deviennent une « règle obligée », qui légitime un discours scientifique sur autrui et « sert de mode de reconnaissance pour qualifier le sérieux d’une recherche scientifique » (Gaboriau, 2018 : 18). 

Or, rien ne prédestinait à ce que cette focalisation n’en arrive à être une voie épistémologique incontournable ou un impératif méthodologique, alors qu’elle n’est qu’une problématisation possible en matière de compréhension d’autrui, si l’on considère en particulier l’héritage humboltien. Le choix privilégié pour les outils d’enquête (questionnaires, entretiens, observations, etc.), souvent mobilisés seuls ou à plusieurs, apparaît comme un usage non questionné, qui laisse à penser que les produits de ces outils sont tout entier dans les aspects matériels, visibles / audibles, objectivables via des signes probants et analysables (de manière scientifiquement assurée). Cela a pour effet de réduire la rencontre avec autrui, l’expérience altéro-réflexive qui s’y joue, à cela, en minorant par la même occasion des dimensions souvent catégorisées comme subjective, affective, représentationnelle, fictive.