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Actualité

Le libéralisme dans tous ses E/états

  • Recherche,
Date(s)

le 14 décembre 2020

17h30 - 19h30
Lieu(x)
En visioconférence sur Teams par le lien suivant :
Cliquez ici pour participer à la réunion
 

Le séminaire transversal mensuel sur "Le libéralisme dans tous ses E/états", proposé par les laboratoires ICD (Interactions culturelles et discursives - EA 6297) et IRJI (Institut de Recherche Juridique Interdisciplinaire - EA 7496) de l’Université de Tours continue, toujours en distanciel !

Nous aurons le plaisir d'entendre deux invités :

- Alfredo Gomez-Muller, Professeur émérite d'Études Latino-américaines à l’Université de Tours, membre d'ICD et du TEOPOCO de l'Universidad Nacional de Colombia
Sur « Libéralisme et diversité culturelle en Amérique latine : de État-Nation à l’État plurinational »

- Jean-François Deluchey, Professeur de Science Politique à l’Universidade Federal do Pará (FASS/ICSA), Brésil
Research Fellow à ICD par LE STUDIUM Loire Valley Institute for Advanced Studies
Sur « Le nécro-gouvernement néolibéral »

Présentation des interventions :

« Libéralisme et diversité culturelle en Amérique latine : de État-Nation à l’État plurinational »

Dès la fin du XVIIIe siècle, la signification moderne et politique de la « Nation » comme État-Nation est utilisée par des criollos de l’Amérique espagnole comme un dispositif politique pour l’indépendance et l’institution d’une nouvelle hégémonie postcoloniale. Construit à partir des présupposés de l’ « anthropologie des Lumières » (M. Duchet) et d’éléments de pensée provenant de la tradition du libéralisme politique, le dispositif « national » des criollos et, plus tard, de leurs « descendants », instaure un modèle de configuration de la diversité/unité dans lequel l’unité politique se confond avec l’unité ethnoculturelle. Les tensions inhérentes à ce modèle, qui au XIXe et XXe siècles prend les formes des nations « citoyenne », « blanche » et « métisse », constituent l’un des facteurs déterminants de « l’émergence indienne » (J. Bengoa) des dernières décennies du XXe siècle, laquelle sous-tend les processus de réforme constitutionnelle qui consacrent, dans les années 1990 et 2000, dans le cadre du débat sur le multiculturalisme politique, le passage de la figure de État-Nation à celle de l’État plurinational.

« Le nécro-gouvernement néolibéral »
L’art de gouverner néolibéral et biopolitique, comme l’appelle Michel Foucault, se fonde sur la « vérité » du Marché, et nous enjoint à gouverner nos vies de manière à les soumettre aux objectifs de maximisation de la production et de l'accumulation sans limite du capital. A partir de la promotion de la distinction radicale des vies et de la naturalisation des hiérarchies sociales, le néolibéralisme s’affirme comme une nouvelle « raison du monde » (Dardot / Laval) qui justifie une exposition différenciée des vies et des corps à la maladie, à la mort, à la pauvreté. La raison néolibérale construit un empire de la valeur, selon lequel l’humain doit être pensé comme une valeur économique établie par l’examen de sa contribution à l’ordre du Capital. Lors de la pandémie du Covid-19, cette gouvernementalité néolibérale a ainsi offert un cadre bio-nécro-politique normatif pour la conduite d’une politique de vie et de mort séparant ceux qui doivent vivre et ceux qui peuvent mourir, mettant dans la balance la mort des individus et les impératifs de croissance économique. L’objectif de cette présentation est de susciter une réflexion sur ce nécro-gouvernement néolibéral.


Présentation des intervenants :

Alfredo Gomez-Muller
est professeur émérite de l’Université de Tours (Études Latino-américaines, Philosophie), et membre des équipes de recherche Interactions Culturelles et Discursives (ICD, Tours) et Théorie Politique Contemporaine (TEOPOCO, Bogotá, Faculté de Droit, Sciences Sociales et Politiques, Universidad Nacional de Colombia). Parmi ses ouvrages : Nihilisme et capitalisme; Anarquismo y anarcosindicalismo en América Latina ; La Reconstrucción de Colombia ; Sartre, de la nausée à l’engagement ; Éthique, coexistence et sens ; Alteridad y ética desde el descubrimiento de América. Par ailleurs, il a dirigé l’édition d’une vingtaine d’ouvrages collectifs, parmi lesquels Constructions de l'imaginaire national en Amérique Latine ; L’Anarchie et le problème du politique ; Penser la rencontre de deux mondes. Les défis de la "Découverte" de l'Amérique.

Jean-François Deluchey est Professeur de Science Politique au Brésil (Belém-PA) et Research Fellow à LE STUDIUM Loire Valley Institute for Advanced Studies, en collaboration avec l’Université François Rabelais de Tours, attaché au laboratoire Interactions Culturelles et Discursives -ICD (EA 6297). Chercheur en théorie politique critique, il est aussi spécialiste des questions de sécurité intérieure au Brésil.