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Publication du 1er baromètre sur la santé des femmes au travail en Centre-Val de Loire
- Recherche,
Date(s)
du 4 mars 2026 au 8 octobre 2026
Publication du premier baromètre sur la santé des femmes au travail en région Centre-Val de Loire
par le laboratoire VALLOREM de l’université de Tours
Annabelle Hulin et Elise Bonneveux, enseignantes-chercheuses à l’IAE Tours Val de Loire et membres du laboratoire de recherche Vallorem, ainsi qu’Héloïse Trouilleux, ingénieure d’études, au sein du laboratoire VALLOREM, ont publié le premier baromètre sur la santé des femmes au travail en région Centre-Val de Loire. Ce travail s’inscrit dans le cadre de la chaire « Inclusion au travail et management », soutenue par la Fondation Rabelais.Ce baromètre répond à un manque significatif de données chiffrées concernant spécifiquement la santé des femmes au travail, alors qu’elles représentent la moitié de la population active avec un taux d’emploi de 65% en région Centre-Val de Loire.
Une phase qualitative viendra compléter cette première enquête : elle reposera sur un travail de terrain comprenant des entretiens avec des femmes concernées et des employeurs, afin de recueillir leurs parcours, leurs expériences et leurs réflexions.
La santé des femmes : un angle mort de la recherche et du monde du travail
Étude s’inscrivant dans une démarche globale visant à mieux cerner les facteurs influençant la santé des femmes en milieu professionnel.Au total, plus de 1 100 répondants ont participé à l’enquête, répartis en deux groupes : des femmes actives dans le 1er groupe puis des employeurs, dirigeants et managers de la région dans le 2nd.
Les objectifs du baromètre sont de :
- Mieux comprendre les besoins des femmes en matière de prise en compte de leur santé au travail ;
- Analyser la manière dont les employeurs de la région Centre-Val de Loire appréhendent ces enjeux, en distinguant les secteurs public, privé et associatif ;
- Proposer des analyses et recommandations à destination des organisations.
L’étude a permis de croiser les regards des deux groupes interrogés autour des mesures jugées prioritaires pour améliorer la santé des femmes au travail, parmi une liste de 21 propositions. Les femmes actives ont principalement retenu le soutien à la santé mentale, la flexibilité du temps de travail pour les examens
médicaux et le congé menstruel. Tandis que les employeurs, dirigeantes et dirigeants et managers ont priorisé le soutien à la santé mentale, l’accompagnement sur la santé physique et la sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles.
Les résultats montrent des différences selon la présence de troubles physiques ou psychologiques, une situation de handicap, la situation familiale, la catégorie socioprofessionnelle ou encore l’âge. Ils confirment que la santé des femmes est étroitement liée aux conditions de travail et à l’environnement professionnel.
Un enjeu majeur de sensibilisation et d’acculturation des employeurs
Les employeurs, dirigeantes et dirigeants et managers ont été interrogés sur la prise en compte des spécificités liées à la santé des femmes dans leur organisation. Plus de 45 % déclarent que leur structure n’a mis en place aucune mesure spécifique sur ce sujet.Le rapport formule une trentaine de recommandations à destination des structures employeuses. Si les obligations légales (entretiens individuels, DUERP, etc.) sont globalement respectées, leur mise en oeuvre demeure souvent incomplète, notamment en raison de l’absence d’une approche sexuée, pourtant indispensable à une prévention efficace des risques professionnels.
Les résultats soulignent :
- Un besoin d’acculturation des organisations,
- Un engagement encore limité sur ces enjeux,
- La persistance de tabous,
- Une perception des actions en faveur de la santé des femmes comme coûteuses ou chronophages.