Les équipes du laboratoire
iBraiN, unité de recherche conjointe de l’
Inserm et de l’
université de Tours, ont publié dans
Nature Communications des
travaux majeurs sur le traitement de la dépression, co-portés par le chercheur
Thibaut Laboute, lauréat du programme Tremplin International, First Step, de l’Inserm pour sa collaboration avec les États-Unis.
La dépression majeure touche près d’une personne sur vingt et demeure difficile à traiter chez de nombreux patients. Menés depuis 2020, en collaboration avec des partenaires internationaux, ces travaux proposent une stratégie thérapeutique innovante reposant sur l’utilisation de nanobodies, de très petits fragments d’anticorps capables de cibler avec une grande précision certains récepteurs du cerveau, après administration intranasale.
Les équipes envisagent désormais de tester cette approche chez l’humain, une avancée prometteuse qui ouvre, pour la première fois, la voie à des traitements potentiellement plus efficaces et plus rapides de la dépression majeure.
Une approche innovante et peu invasive pour les maladies psychiatriques
Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés à un récepteur qu’ils ont récemment identifié, le récepteur métabotropique de la glycine (mGlyR), fortement exprimé dans le cortex préfrontal, une région clé de la régulation des émotions. Ce récepteur est anormalement augmenté chez les personnes souffrant de dépression.
En combinant pharmacologie in vitro, imagerie structurale à haute résolution, électrophysiologie et étude comportemental dans les modèles murins de la dépression, les auteurs de l’étude montrent qu’un nanobody spécifique, nommé Nb20, agit au niveau moléculaire et modifie l’activité des neurones impliqués dans les états dépressifs.
Administré chez la souris, ce nanobody induit des effets antidépresseurs rapides et durables, y compris dans un modèle murin de dépression. De façon remarquable, ces effets sont obtenus par une administration
non invasive par voie intranasale,
avec une efficacité comparable à celle de la kétamine (traitement de référence).
Ces résultats constituent une preuve de concept forte pour le développement de nouvelles immunothérapies ciblées dans les troubles psychiatriques, ouvrant la voie à des traitements plus précis, potentiellement mieux tolérés et plus efficaces.
« Ce travail montre qu’il est possible de cibler très finement un récepteur cérébral impliqué dans la dépression à l’aide de nanobody, avec des effets bénéfiques rapides et durables. C’est une approche totalement nouvelle et peu invasive pour les maladies psychiatriques »
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Thibaut Laboute, chercheur Inserm iBraiN – université de Tours
A propos d’iBraiN
iBraiN est un laboratoire de recherche commun à l'Inserm et à l'université de Tours. Ce laboratoire multidisciplinaire de haut niveau mène des recherches innovantes dans les domaines des troubles neurodéveloppementaux et neuropsychiatriques.
A propos de l’Inserm
Créé en 1964, l’Inserm est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche. Dédié à la recherche biologique, médicale et à la santé humaine, il se positionne sur l’ensemble du parcours allant du laboratoire de recherche au lit du patient. Sur la scène internationale, il est le partenaire des plus grandes institutions engagées dans les défis et progrès scientifiques de ces domaines.