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Le Bois de Grandmont, un site classé pour des projets ambitieux

Parties prenantes : Direction de l'immobilier, enseignant.es-chercheur.euses, Clous, Ville de Tours

Cette forêt urbaine de 22ha située autour des sites universitaires de Grandmont est partie intégrante de l'Université de Tours. Elle se trouve au sud de la ville de Tours. Il faut distinguer l'espace arboré aux abords des bâtiments et l'Espace Boisé Classé (EBC) qui caractérise le reste du bois.


 

Un plan de gestion

Un plan de gestion durable du site de Grandmont a été réalisé par l'ATU (Agence d'Urbanisme de Tours) en 2016. L'objectif principal est de préserver cette forêt urbaine, grâce notamment à la création de futaie jardinée. Il s'agit d'une forêt gérée par l'Humain, caractérisée par un mélange pied par pied d'arbres, de feuillus et de résineux, de toutes dimensions et de tout âge. La forte densité du boisement empêchait les jeunes pousses d'arbres "d'avenir" d’accéder à la lumière et donc de se développer. Cette densité, combinée avec le sur-piétinement des sols, entraînaient une incapacité du milieu à se régénérer naturellement.

Une importante coupe de sécurité et d'éclaircie suivie d'un débardage à cheval afin de préserver les sols a eu lieu en 2017/2018 ; une nouvelle session de coupe est organisée chaque année, notamment pour des questions de sécurité. Puis, deux ilots de sénescence ont été matérialisés et préservés de toute intervention humaine afin d'améliorer la biodiversité en laissant vieillir une partie du bois. Enfin, une réhabilitation de sols forestiers et un projet de sauvegarde des amphibiens des mares du site sont menés.

Pour mener à bien ce plan de gestion, de nombreux acteurs se réunissent régulièrement : services universitaires, Clous, associations de préservation de la nature, services municipaux.
 

Un refuge pour la biodiversité

Le parc boisé et les espaces verts de Grandmont seront classés "Refuge LPO" (Ligue de Protection des Oiseaux) en 2021. Ce site représente un potentiel très intéressant pour les oiseaux et la biodiversité en général, confirmé par une étude menée par l'association. Un inventaire des oiseaux et des chauves souris a notamment été réalisé.

L'association accompagnera ainsi l'université afin de :
  • Aménager // accueillir la faune et la flore sauvage : création d'une mare naturelle, d'un sentier sensoriel, installation de nichoirs...
  • Animer // faire vivre le refuge : afin d'informer et de sensibiliser le public, 2 animateurs de la LPO proposent des sorties et ateliers ouverts à tou.tes sur le site de Grandmont 
L'université s'engage de son côté à créer des conditions propices à l'installation de la faune et la flore sauvages, à réduire son impact environnemental, à renoncer aux produits chimiques (c'était déjà zéro pesticides !) et à ne pas autoriser la chasse.

Elle a ainsi amorcé une gestion différentiée des espaces verts. Par exemple, elle a arrêté de tondre ses pelouses de manière systématique afin de créer des prairies de fauche, pour une plus-value paysagère et écologique.

En parallèle, trois ruches ont été installées sur le site en 2017. Pas de miel à ce jour mais des butineuses en action pour favoriser la biodiversité !
 

Des projets de recherche associés

L'IRBI, l'Institut de Recherche sur la biologie de l'Insecte basé sur le site de Grandmont, a remporté une étude internationale sur la biodiversité intitulée LIFEPLAN.
L'objectif du projet est de mesurer l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité, en comparant les données issues du Bois de Grandmont - bois urbain - à celles du Bois des Hâtes, bois naturel à quelques kilomètres au sud-est de Tours. Un suivi automatisé de la biodiversité a été mis en place à l'aide de caméras, pièges, photos (suivi vertébrés), enregistreurs de son (chants d'oiseaux, orthoptères, grenouilles), collecteurs de spores de champignons dans l'air, pièges Malaise (collecte d'insectes volants), et échantillon du sol (racines et mycorhizes).

Ce projet de recherche mené à Tours fait partie des 100 projets répartis sur l'ensemble du globe, partageant une méthodologie unique pour quantifier l'impact anthropogénique sur la biodiversité.

Un autre projet de recherche ambitieux est mené sur le site de Grandmont, dans le cadre du plan de contrat état-région : VALOPAT, Valorisation des Patrimoines naturels et culturels. Il s'agit tout d'abord de poursuivre et d'intensifier la collecte de données in situ sur les patrimoines naturels et culturels. Puis, d'optimiser et de développer les modalités de traitement, d'analyse et de valorisation de l'information par exploration et analyse immersive de données.

Pour en savoir plus sur le bois de Grandmont
 

Des éco guides

L'Université a recruté 2 éco guides afin de faire découvrir aux scolaires la richesse de la faune et la flore du bois de Grandmont. Cha et Morgane étudiant.e.s de l'université et naturalistes amateur.ice.s débutent les visites dès le mois de juin pour les écoles et lycée, et poursuivront l'expérience à la rentrée avec des visites qui s'étendront à l'ensemble de la communauté universitaire !